Prendre acte, s’engager :

À force de mécaniser et de robotiser, à force de choisir des ressources finnies pour densifier la production de biens jetables, la société thermo-indutrielle s’affaisse. Les fossiles se tarissent, l’extraction minérale ne suffit plus aux besoins, on manque de sable et de sols vivants : les patrons de la grande indutrie ne peuvent plus qu’ajourner l’inéluctable disparition de leur système, en asphyxiant davantage la planète et les habitants humains, crédules de pouvoir détourner le cours de l’Histoire, bien que croyons nous, globalement peu partisants de ce système.

Au Nord comme au Sud, les projets politiques généralement revendiqués à ce jour, plus de croissance pour plus de croissance, ne font que précipiter l’échéance : les travailleurs-consomateurs deviennent hyper dépendants des macro-systèmes producteurs de biens et de risques, livrés structurellement par des modes de vie uniformisés. Prenons un peu de hauteur pour admirer cette surchauffe de la machine capitalistique, à laquelle nous sommes à peu près tous intriqués :

  • Fourniture alimentaire déséquilibrée, hyper-vulnérable, inefficente et écocide [1] :
    • indéxée au pétrole, à la disponibilité en phosphates, en terres arables, aux places boursières, aux tracteur, aux multinationales s’arrogant les semences  ;
    • nutritionellement déficiente, surcompensée en sucres, axée sur un régime de protéines carnées, toxique car bombardée chimiquement, de plus en plus modifiée génétiquement sans examen experimental sur la longue durée, surexploitant largement les ressources hallieutiques ;
    • fournie par une production mondialisée érradiquant les forêts, tuant les sols, sur-irriguée, foncièrement inefficiente, mono-culturellement impassible à l’érosion des sols, au rôle dynamique de la biodiversité dans son ensemble, aux taux de contaminations phytosanitaires laissés dans les sols, les cours d’eau, les cheveux, les estomacs, les abeilles etc. ;
  • Distribution énergétique productrice de risques globaux et inédits [2] :
    • réchauffement climatique déjà extrême causé par l’extraction quasi systématique de pétroles, sables bitumineux, huiles de schiste, gaz, gaz de schiste, charbon, uranium, et un gros bouquet de métaux rares depuis la « transition énergétique vers du renouvelable » (néodyme, antimoine, cadmium, indium, galium, selenium etc), contaminations et pollutions massives lors des phases d’extraction et de transformation des ressources (rejets de plomb, antimoine, arsenic, mercure, méthane, benzène etc) ;
    • double explosion nucléaire civile meutrière et irradiation des écosystèmes avoisinants, contamination aux métaux lourds ; enfouissement des déchets radiocatifs proche des nappes phréatiques, volonté de rendre invisible cette pollution aux habitants ;
    • erradication des forêts, sols et montagnes sur le passage des ressources ;
  • Aménagement du territoire inique et polluant [3] :
    • conditionné par le bétonnage systématique pour les villes, surexploitant les ressources en sable, provoquant de fortes pollutions au CO2 ;
    • orienté sur la formation de méta-métropoles et zones périurbaines déconnectées des centres de production, surenchérisssant les fractures centre-ville/banlieue et métropole/campagne du point de vue de l’accès aux biens communs (eau, sols, production alimentaire, air pur, numérique, savoirs traditionnels) ;
    • dédaignant le droit au logement, libéralisant plutôt l’acquisition des habitats et terres pour les plus fortunés ;
  • Fourniture insoutenable, polluante et inégalitaire des biens de consommation  [4] :
    • indéxée à la ‘production’ d’énergie fossile ou atomique, aux systèmes de transports mondialisés, aux usines géantes d’Asie ;
    • dépendante d’une poignée de mutlinationales et d’investisseurs exploitant la main d’oeuvre ouvrière la plus économe ;
    • taxant les consommateurs en perpétuant la production de marchandises programmés pour être obsolètes, jetables au plus vite, souvent impossibles à recycler, générant des montagnes de déchets polluants, destinés à être enfouis ou brûlés ;
  • Transports mondialisés polluants, insoutenables, et inégalitaires [5] :
    • conditionnée par les méta-cargos en mer et aux camions sur terre,  au bétonage systématique des sols, structurellement dépendant de la ‘production’ d’électricité, de pétrole, de gaz, de métaux rares pour les véhicules hybrides et électrique ;
    • déversant des rivières de fioul dans la mer, des nuages de CO2 dans l’atmosphère, etc.

Au moyen de l’extraction productiviste, le capitalisme a su transformer l’énergie du charbon en une force d’oppression implacable, au moyen du permanent chantage à l’emploi. Depuis lors, pour ne satisfaire qu’un nombre toujours plus restreint d’ultras-privilégiés repus de leur puissance, les trouvailles technologiques formatent les comportements de massse en exerçant une emprise sur les corps, les psychés, le rapport au temps et à l’espace. Via l’informatique, la robotique, la marchandisation monétaire, la publicité entre autres artifices, bref, tout l’appareillage spectaculaire qui soutient l‘extension des macro-systèmes techniques, l’oligarchie fabrique une dépendance contrôlée au jour le jour, pour l’accès à l’emploi, à l’énergie, à l’alimentation. L’émergence de cette société de contrôle, dont l’Etat est bien évidément un  corrolaire manifeste, tend aujourd’hui a brutalement s’affranchir des notions essentielles de communs, de solidarité, de convivialité, d’entraide, en même temps qu’elle pourfend les libertés fondamentales (fichage, captation des données numérique, surveillance vidéo, drones, limitation des droits à manifester, dégagement des occupations légitimes, reppressions de plus en plus musclées etc).

Encastrés dans la société du marché toujours plus financiarisée, les biens et services sont consommés sans l’option de refuser les risques globaux attenants à leur production nocive. Les individus sont immanquablement exposés, avec un temps de retard : le libéralisme débouche sur une disruption systématique. Celle-ci s’est dessinée progressivement, à force de deshinibition des valeurs et repères éthiques, qu’ils relèvent du rapport à la nature, à la famille, aux pollutions, aux transports…  À mesure que des biens sont produits industriellement, des solutions purement techniques sont ingéniées, portant l’ambition de d’étouffer les risques (médication chimique pour soigner les maladies induites par la chimie de synthèse, ogm pour contrer les effets du réchauffement favorisé par les monocultures industrielles, etc). Ces dispositifs, non pas techniques mais hautement politiques, dissimulent la profitabilité des techno-industriels qui, d’une main tirant les ficelles du lucre, ouvrent par l’autre la boîte à pandore (absorbtion de produits chimiques, irradiations, réchauffement climatique etc.)

Tandis que ces calamités s’étendent à l’ensemble de la commuanuté biotique, on ne peut plus s’étonner du nombre d’accidents industriels, de suicides, de cancers, de SDF, de dépressifs, de chômeurs, de précaires, d’agriculteurs endettés et d’ouvriers miséreux. D’insurgés également : il est temps de réagir.


La seule différence entre l’effondrement et la chute, c’est la vitesse  (Denis Meadows)

Face au précipice, il nous faut prendre la tangeante : nous pouvons critiquer ce système car nous avons mieux à proposer. Cette page rassemble quelques pistes pour se dégager des effets délétères de nos modes de vie, pour s’engager vers des futurs souhaitables.

En dépit de toutes les difficultés à agir dans une société méta-organisée, il faut prendre conscience que l’action soulage le désespoir et combat le fatalisme. Pas à pas, se fixer des objectifs plus ambitieux : telle est notre démarche.

Dans un monde qui s’effondre, la collaboration du plus grand nombre est recquise.


 

 

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