(Courrier du 20 septembre au 11 octobre 2015)

NB : cette rubrique a pour ambition de restituer l’essentiel des informations écologiques des deux dernières semaines. Il peut être question de nouvelles scientifiques, de protestations citoyennes, de mouvements de transition, de témoignages, de low tech… Un bref descriptif fournit les éléments des articles répertoriés, accompagné de quelques remarques.

 

(1) Hoax. L’agriculture intelligente : arrêtons les conneries !

« Climate Smart Agriculture » et l’Alliance GACSA : une initiative portée par les Nations unies, pour orienter les négociations sur la question alimentaire lors du meeting de la cop à Paris. Théoriquement, il s’agirait de trouver des pratiques et stimuler des actions d’adptation de l’agriculture  à l’heure du réchauffement, en vue de la sécurité alimentaire. Mais il n’y a rien de plus à ajouter : le programme affiche ses mots valises et voudrait nous faire croire à un changement réel. D’où la contestation lancée avec force par 350 ONG éparpillées sur le globe, anticipant déjà les campagnes de  Greenwashing (voir la liste des ONG ici). A noter que pour enrayer la machine à propagande, des scientifiques se sont aussi mobilisés (voir ici). Tous souhaitent ardemment que soient reconnues les propriétés de l’agro-écologie comme moyen effectif de lutte contre la faim, la destabilisation climatique, la crise de la biodiversité et la ruine des écosystèmes.

Dans son article, Reporterre a éclairé le message lancé aux gouvernants :

Les gouvernements doivent admettre que les approches industrielles qui dégradent les sols, la santé et la capacité de rétention d’eau des sols, qui polluent les systèmes hydrauliques, empoisonnent la nature et créent une dépendance envers les intrants externes tout en appauvrissant la biodiversité et les écosystèmes sont non seulement nocives et inutiles, mais aussi profondément inadaptées à une planète touchée par la faim, les crises écologiques et le changement climatique.

Evidemment, ils visent juste. Seule l’agro-écologie pratiquée dans le cadre d’une production locale, domestique même, est en mesure de promouvoir l’autosuffisance alimentaire et nous délivrer des macro-système alimentaires, intenses en terres cultivées, en pétrole et gaz, en potasse, en machines…  Voir notre article sur la question ici. Et si vous n’êtes pas encore convaincus des bienfaits réels de l’agro-écologie, lisez bien ceci !!


(2) Action collective. Les foyers britanniques préfèrent les énergies renouvelables

La transition énergétique en Grande Bretagne est une vaste plaisanterie : relance des programmes nucléaires, subventions accrues aux gaz de shiste, et coupe des aides aux renouvelables. La nouvelle, couverte par The independent, est donc très positive : des collectifs citoyens se mobilisent pour se libérer de l’emprise des 6 plus grosses compagnies d’électricité, en contractant avec un producteur d’énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque). En joignant leurs efforts, 100 000 foyers britanniques vont ainsi pouvoir bénéficier d’un rabais de 200 pounds par an et par foyer, soit pratiquement 20% en moins sur la facture. Comme quoi, l’action collective finni par payer ! Pas mal !


(3) Impasse. Le recyclage des déchets électroniques.

Rue 89 relance ce sujet, un peu tabou il faut bien le dire. Tablette, smartphone, frigo, micro-ondes… un français consomme 22,2 kg d’e-déchets à l’année, et seuls 35% d’entre eux seraient correctement recyclés. Pourtant dès l’année prochaine, pour régulariser cette situation, les français doivent parvenir à en recycler 45%. Pourquoi donc ? d’abord parce qu’un gadget moderne de haute technologie comporte au moins 30 métaux, non seulement de l’or, du cuivre ou de l’argent, mais du nickel, du bore, du platine, de l’étain, des terres rares, du coltan… des ressources précieuses. L’année dernière dans le monde, 300 tonnes d’or ont été jetés à la poubelle, du beau gaspillage ! Ensuite, par ce qu’on a pas envie que de pauvres indiens ou ghanéens se retrouvent avec nos déchets brulés et toxiques sur leurs plages tropicales… Et c’est malheureusement ce qui se passe : il faut savoir qu’à New Delhi, 70% de ces résidus proviennent de pays industrialisés, même si c’est souvent dans les pays du

Agissons ! Comment et ou donc ? En ramenant vos produits chez le vendeur, qui a une obligation de reprise. Mais si vous êtes suspicieux (et il y a de quoi) du traitement de vos produits après dépôt, informez vous sur les ressourceries à proximité de chez vous. Par exemple à la petite roquette à Paris : ramenez y ce que vous voulez. Et puis, mesurez vos consommations de déchets !

On essayera dans les mois à venir d’éclairer cette question fondamentale des D3E, avec un article de fond. Des volontaires pour recenser les infos ?

 


(4) Bonnes pratiques.  Low techs à portée de main !

Plus le temps passe, plus le photovoltaïque semble populaire. D’emblée corrigeons : pour l’instant, c’est quand même très très polluant non ? Sachez le donc : quand on vous parle d’énergie solaire, il ne faut pas penser électrique mais thermique. Après tout, le soleil est bien une boulle de feu… Tirer profit du solaire thermique, c’est simple, très simple même si vous bricolez un peu. Il vous faudra quelques matériaux, mais jamais trop rares : des mirroirs ou de l’alu, un peu de bois, du verre, des cannettes ou des conserves, de la peinture noire. Pour les plus doués : des lentilles grossissantes, des tuyaux de cuivre, et le tour est joué. Mais pour faire quoi ? Cuire ou fondre n’importe quoi, chauffer sa paillasse ou s’approvisionner en eau chaude : plusieurs modalités sont disponibles, toujours sur les mêmes variantes (four solaire à effet de serre ou par concentration, chauffe eau solaire, chauffe air solaire, fonderie à métaux.).. Avec de la vapeur en circuit fermé, on pourrait actionner plein de petites machines utiles à nos besoins. Vous serez surpris sans doute du potentiel.. avec quelques bouts de mirroirs bien disposés, on peut atteindre plus de 1000 ° c !!

Ci dessous, un prototype assez commun de chauffe eau solaire. Et l’histoire d’un américain qui en a marre de payer des industries pour lui fournir un service gratuit… Sait il par hasard qu’en 1941, la moitié des foyers à Miami étaient équipés de chauffe eau solaires ? (Attention, les mesures son en fahrenheit) Il atteint 60° celcius, et en l’occurence, pas besoin de plus.

 

 

(Source de la photo : https://informationactivism.org/sites/informationactivism.ttc.io/files/350%20Logo.jpg)

Partagez autour de vous :
DiasporaFacebookTwitterGoogle+Google BookmarksGoogle GmailKindle It