Le sol : un complexe argilo-humique

Le sol est un écosystème de nature argilo-humique, qui se compose :

  • d’argiles, cristallisations de roches de profondeur, sous forme assez compacte et solide, de couleur claire en raison de la présence de silice, d’alumium et de fer ;
  • et d’humus naturellement léger, aéré, et de couleur sombre, formé à la surface du sol par la décomposition organique de la biomasse des plantes.

Ces deux pôles communiquent par la conjonction d’organismes très différents qui interagissent pour former ce complexe de matière où les éléments chimiques seront complètement recyclés. Le sol est donc un écosystème dynamique de nature neg-entropique : l’abondance de biomasse caractérisant un sol riche est permise par la minimisation de l’inéluctable dissipation de l’énergie solaire  ; le sol est un producteur d’ordre qui stabilise les conditions biochimiques et complexifie le vivant.

L’arbre, le mycélium, les lombrics et les bactéries : un cycle vertueux de production de biomasse

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  •                        (1) Les arbres : source fondamentale de biomasse et d’échanges chimiques

La raison pour laquelle le cycle du sol débute avec l’arbre tient à sa production de biomasse avec des éléments communs : du CO², de l’oxygène, de l’hydrogène, ainsi que certains minéraux puisés dans des roches compactes en profondeur, qu’ils cristallisent en argiles grâce à des sécrétions acides. Avec la tombée des feuilles à l’automne, les arbres laissent une litière au sol, dont vont se réjouir une multitude de micro-organismes, l’épigée : colombelles et acariens s’agitent constamment pour morceller les feuilles, les brindilles, et les racines horizontales des arbres sous la couche d’humus, le bois mort permet le développement de mycéliums qui se nourrissent de la lignite.

  •                        (2) Le mycélium : renforce les plantes et les arbres, assimile la lignite

L’association vertueuse entre les arbres et le mycélium s’accomplit au travers des mycorhizes : les arbres mycorhizés se fournissent en éléments au travers des terminaisons du mycélium qui forment un dense réseau de filaments ; le mycélium reçoit en échange de la cellulose produite par l’arbre.  Il est montré que le mycélium peut stimuler les protéines de certaines plaantes, leur croissance, favoriser leur résistance aux maladies, et limiter énormément le risque de stress hydrique – le mycelium peut retenir 30 000 fois son volume en eau ! Le mycelium est le principal décomposeur de la lignine.

  •                         (3) Vers et lombrics : dégrade l’humus et fait circuler les éléments

Les lombrics participent directement à la création du complexe argilo-humique en perforant la terre de galeries toutazimut, fruit d’une digestion permanente, d’où l’intérêt de cultiver des lombrics pour récupérer une terre meuble formée d’une constellation de turicules sous l’humus. Ces galeries vont en effet aérer le sol et permettre l’infiltration de la pluie. Une terre riche peut contenir jusqu’à 150 tonnes de vers à l’hectare. Par ailleurs, les vers sécrètent du calcium qui permet de lutter contre la minéralisation des terres.

  •                           (4) Bactéries : solubilisent les éléments

Les bactéries du sol sont distinguées selon leur milieu : les aérobies vivent à la surface du sol et aident la décomposition, tandis que les bactéries anaérobies vivent plus en profondeur, où privés d’oxygène (air), elles solubilisent les éléments : l’azote est transformé en nitrates, le soufre en sulfates, et le phosphore en phosphates.

En bout de champ, les plantes peuvent alor s’épanouir sur un sol riche et résilient, où chaque type d’organisme est à sa place, et favorisant la biodiversité dans son ensemble : action des acariens, des bactéries, des lombrics, du mycélium, des plantes, des arbres, et de la biodiversité animale.


L’ensemble de la biodiversité au service de l’écosystème du sol :

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Pour aller plus loin :

Le complexe argilo-humique

 

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