Métamorphose des écosystèmes et extinction de la biodiversité

       Sous le règne humain, la planète pourrait connaître la sixième extinction massive de l’histoire des espèces. Avec les pollutions aux hydrocarbures, aux métaux, aux plastiques, aux pesticides, des prélèvements hydriques insoutenables, des déboisements toujours plus étendus, ainsi qu’une agriculture qui érode les sols, les écosystèmes deviennent méconnaissables. Sans surprise, cette dégradation généralisée anéanti la biodiversité. 
Accéder au document : Key Facts – Partie Écosystèmes (II)

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 Résumé du rapport : 

         Les pollutions des milieux aquatiques (métaux, hydrocarbures, pesticides, solvants etc). induisent des perturbations pour toutes les espèces aquatiques, en raison de la bio-accumulation des matériaux dans la chaîne alimentaire. Des zones mortes apparaissent, où le déficit d’oxygène est patent, notamment dans la mer de Chine, le long des littoraux d’Europe et des États-Unis. Les océans sont couronnés de plaques de plastiques (les dénommés « continents ») où sont attirés les agents toxiques. Outre le fait d’affronter ces pollutions, les poissons sont victimes de surpêche à hauteur de de 75 % au moins. En conséquence, la pisciculture progresse à un rythme élevé, ce qui empire la situation des écosystèmes (destruction des mangroves, relachêment de méthane, apparition de zones mortes etc). La pollution ne représente qu’un des aspects des problèmes liés aux écosystèmes aquatiques. Car en tout état de cause, les prélèvements hydriques et le réchauffement climatique amenuisent considérablement la disponibilité de l’eau, même en Europe ou aux États-Unis.

En raison des conversions des terres destinées à l’élevage et à la culture d’huile de palme, la déforestation progresse à un rythme élevé, sous les tropiques surtout. La reforestation n’est pas une solution très viable : toujours les mêmes semences sont implantées, ce qui empêche le recouvrement de la biodiversité éradiquée, et souvent d’ailleurs, les forêts artificiellement uniformes ne résistent pas à l’épreuve du temps. La déforestation induit de graves perturbations, locales comme globales : la régulation hydrique et thermique sont compromises, comme la captation de carbone, des phénomènes générateurs de troubles sur des distances considérables, d’un continent à l’autre.

Les écosystèmes agricoles sont devant de très sérieuses menaces. On sait déjà que sans le réchauffement des dernières décennies la productivités des sols eut été supérieure. Les épisodes extrêmes, amplifiés par le réchauffement, anéantissent des régions agricoles, grillent le pollen, diminuent la valeur nutritionnelle des plantes, accélèrent l’érosion etc. Largement uniformisé au profit de multinationales bien connues, le modèle agricole conventionnel dilapide les ressources. Il requière de larges espaces pour se développer, prélève énormément d’eau, est extrêmement énergivore. Il produit des aliments gavés de pesticides, encourage l’usage d’OGM dont les bienfaits sont loin d’être assurés, et avec les dernières générations de produits chimiques, éradique les abeilles indispensables à la perpétuation de l’activité agricole. Par ailleurs, l’attrait pour les denrées issues de l’élevage accélère considérablement la pression sur les écosystèmes (disponibilité des terres arables, déforestation, réchauffement climatique etc.).

Une multitude de facteurs explique donc l’extinction rapide et globale de la biodiversité. Elle affecte plus fortement les tropiques où sont concentrés les principaux réservoirs de biodiversité. En mer, les écosystèmes complexes sont en déclin rapide (récifs coralliens et de crustacés, herbiers marins, mangroves, marais salants etc.) et sur les surfaces humides continentales, les population d’amphibiens fondent rapidement. Selon certaines études, les lézards pourraient disparaître à jamais de la surface du globe. Le discours d’adaptation, assez largement répandu, nourrit des fantasmes : le réchauffement climatique se produit à un rythme extrêmement élevé, et les facteurs d’extinction sont trop nombreux pour permettre de postuler des capacités de résilience. L’extinction des espèces se produit 10 fois plus vite que lors de la dernière extinction massive en date, signant la fin du Paléocène il y 55 millions d’années.


 Focus sur quelques chiffres du rapport * :

  • Écosystèmes aquatiques

–  Chaque jour en moyenne, plus d’un million de tonne de métaux lourds contaminent les masses d’eau, en plus de 100 000 kg d’hydrocarbures

Au cœur de la gyre du Pacifique nord, on trouve 750 000 particules de plastique par km²

–  En Afrique, la disponibilité de l’eau par habitant a régressé de 75% au cours de la deuxième moitié du XXème siècle

  • Écosystèmes forestiers

–  La déforestation dans le monde progresse au rythme de 2 100 km² par an

–  80% de la déforestation est opérée pour augmenter les surfaces agricoles, d’élevage surtout

– 2,6 millions d’hectares de forêt pourraient prochainement être consacrés à l’huile de palme en Afrique subsaharienne

  • Écosystèmes agricoles

–  L’érosion des sols a amené les agriculteurs à abandonner 430 millions d’hectares de terres arables depuis 1945, une superficie équivalente à l’Inde

–  En Suisse, le nombre de colonies d’abeilles a chuté de 47% entre 2005 et 2010

–  93 % du soja cultivé aux États-Unis provient de semences Monsanto

–  476 millions de porcs sont actuellement élevés en Chine

  • Crise de la biodiversité

–  75% du corail est menacé globalement dans l’Atlantique, et jusque 95% dans le sud-est asiatique

– 70% des 12 000 espèces végétales évaluées sont menacées d’extinction

–  50% des populations d’éléphants ont été décimées entre 1995 et 2007

–  En Europe, 300 millions d’oiseaux des champs ont disparus depuis 1980

* Chacune des sources est disponible dans cette partie du rapport Key FACTS


 

 

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