Le réchauffement climatique : + 2° ou l’effet boule de neige

 L’élaboration du rapport « KEY FACTS » a été motivée par les dernières analyses du climat. Il est pratiquement certain aujourd’hui que le réchauffement observé ces dernières décennies est bien imputable à l’Homme. Ce réchauffement produit déjà des événements dramatiques, qui vont se répéter et s’aggraver, car nous ne connaissons encore que les premiers soubresauts d’un climat dérégulé. Que penser alors du franchissement des seuils de fracture de 2° qui amèneraient irréversiblement l’Humanité à s’engager sur le sentier des 4/6° avant la fin du siècle ?

Accéder au document : Key Facts – Partie Climat (I)
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Résumé du rapport

       Avant que les suspicions se confirment sur l’existence du réchauffement climatique et sur la responsabilité humaine dans son avènement, il était scientifiquement démontré que des émissions d’origine industrielle détruisaient la couche d’ozone. Celle-ci, qui joue un rôle de bouclier protecteur contre les radiations solaires, est percée de ‘trous’ en raison de la production de gaz chlorés frigorigènes.

Le réchauffement climatique est dorénavant incontestable. L’information et l’outillage des scientifiques sur les questions climatiques est extrêmement solide. Nous serions aujourd’hui autour de 0,75°/0,80° de réchauffement par rapport au début de l’ère industrielle. Le réchauffement du climat est très certainement et très largement dû aux activités humaines. C’est la conviction de 95% des scientifiques les plus publiés sur ce sujet. D’ailleurs, les thèses concurrentes sont progressivement balayées. Il est clair aujourd’hui que tant les cycles solaires, l’activité volcanique ou les oscillations sud Atlantiques sont singulièrement stables dernièrement.

Le fait est que trois gaz à effet de serre (le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitrique) atteignent des seuils atmosphériques inégalés depuis au moins 800 000 ans. Depuis cette date, les taux de concentration des particules à effet de serre étaient de moins de 300 par million, nous sommes dorénavant à 400 par million. C’est un taux considérable : la dernière déglaciation est issue d’une augmentation de seulement 80 parties par millions. Pour le GIEC, stabiliser le climat à 2° environ supposerait de limiter ce taux à 450 parties par million. C’est un choix politique que de vouloir limiter le réchauffement à 2° environ, fruit d’un compromis par rapport aux informations scientifiques qui ont identifié plusieurs seuils de réchauffement qui doivent impérativement être évités.

En effet, les écosystèmes réagissent aux augmentations de températures, ce qui aura pour effet de considérablement gonfler le potentiel de réchauffement (désigné par « effet boule de neige » dans le rapport). Pour faire bref, on peut au moins distinguer ces réactions de surenchère :

  • Sous les latitudes arctiques où le réchauffement est plus fort, les températures mettent à nu les glaces et le permafrost. Le réchauffement transforme l’albédo et libérera potentiellement d’énormes quantités de méthane (25 fois plus puissant que le CO2).
  • Le réchauffement brûle d’immenses zones forestières ce qui libère beaucoup de CO2. Par ailleurs, le réchauffement assèche les arbres, ce qui entrave la capture de carbone par la végétation, et assèche les marais qui recèlent d’importantes quantités de méthane.
  • Le réchauffement accélère le cycle de l’eau, ce qui signifie que les inondations seront plus fréquentes, et que des typhons de très grande intensité apparaissent. Ceux-ci éradiquent la végétation, ce qui surenchérit le réchauffement.
  • Les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 30 % le degré acidification des masses d’eau, ce qui nuit au développement d’une multitude d’organismes marins, et pourrait à terme provoquer un relâchement de gaz à effet de serre.
  • Enfin, le réchauffement du climat provoque la montée des niveaux des eaux. Les vagues de chaleur dilatent les masses d’eau et liquéfie une multitude de glaciers sur terre (Arctique, Groenland, Antarctique, montagnes de la cordillère andine etc) à une vitesse qui sidère les scientifiques.

 En dépit de la survenance plus intense et plus fréquente d’événements catastrophiques, les États ne cherchent vraiment pas à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Avec le développement des pays émergents, l’expansion des énergies non conventionnelles, et la déforestation qui s’accélère globalement, les derniers « crédits carbone » de la planète fondent comme peau de chagrin. Le lancement de 14 projets industriels actuellement prévus émettront dès 2020 autant que les États-Unis, deuxième émetteur de CO2 global.

 Il n’existe pas de solution technologique au réchauffement : pour l’instant, la géo-ingénierie nourrit des fantasmes saugrenus. Chaque fois, des effets pervers considérables sont attendus (destruction de la couche d’ozone, réduction d’oxygène, augmentation d’autres gaz à effet de serre, coûts abyssaux, forte intensité énergétique des procédés, efficacité médiocre etc). La technologie n’est donc pas le remède aux problèmes climatiques. Il ne reste donc d’options, pour limiter le réchauffement global, que de drastiquement comprimer les émissions de gaz à effet de serre.


Focus sur quelques chiffres du rapport * :

  •  Sur quelques régions exposées :

– A Perth, dans le sud-ouest australien, les habitants reçoivent depuis 2006 cinq fois moins de précipitations annuelles qu’entre 1911 et 1974

– En Chine, l’avancée du désert affecte déjà 110 millions d’habitants

– Au Maroc, le cumul des précipitations a baissé de plus de 30% au cours de la période 1978-1996 par rapport à la période 1961-1977

– En Europe depuis le XVIème siècle, les cinq étés les plus chauds ont tous eu lieu après 2002. Les inondations qui ont frappé le Royaume-Uni début 2014 seraient les plus fortes depuis 248 ans

– Au sud-ouest des États -Unis, les zones forestières dévastées par le feu ont augmenté de 300% entre les années 1970/80 et les années 2000

  • Pour une analyse globale :

–  A l’heure actuelle à la surface de la Terre, les 10 années les plus chaudes depuis 134 ans ont toutes eu lieu depuis 1997

–  La période 1983-2012 est probablement la période tricennale la plus chaude dans l’hémisphère nord depuis le septième siècle après J.C.

–  Le niveau de concentration de dioxyde de carbone, d’oxyde nitrique et de méthane atteignent des seuils jamais atteints depuis au moins 800 000 ans, et le rythme d’accroissement des émissions est très probablement sans précédant depuis au moins 22 000 ans

–  Le rythme d’accroissement de l’acidité océanique est sans commune mesure déjà avec les dernières 300 millions d’années

* Chacune des sources est disponible dans cette partie du rapport Key FACTS


 

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