Démographie, urbanisme, synthèse et prospective

   L’empreinte écologique globale ne cesse d’augmenter du fait de nos modes de vie, de l’urbanisation de masse, et de la croissance de la population. Pour satisfaire ses besoins actuels, l’Humanité aurait déjà besoin de 1,75 Terres. Pourtant les projetions annoncent que d’ici 15 ans nous aurions besoin d’augmenter encore de 30% les apports en eau, en nourriture, et en énergie. Inutile de palabrer, il suffit de cibler les faits : notre modèle de développement est au bord de la rupture.
Accéder au document : KEY Facts – Partie Synthèse & Prospective

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Résumé du rapport

     Sur le long terme, la population mondiale augmente de façon exponentielle. La population mondiale est censée se tasser, mais à dire vrai les prospectives de long terme sont très incertaines. Tout au plus sait on que nous serons 9 ou 10 milliards en 2050. L’Afrique Subsaharienne (Nigeria, Mali, Angola) et certains États d’Asie du Sud (Inde, Pakistan, Bangladesh) tirent vers le haut l’expansion démographique. En parallèle, le taux d’urbanisation s’accroît vite, ce qui a pour effet de dégrader les propriétés des sols, de détériorer les conditions sanitaires et hydriques, et d’amplifier l’empreinte territoriale des humains.

Tandis que les besoins alimentaires augmentent, la productivité agricole progresse très lentement, l’eau est déjà excessivement prélevée (de l’ordre de 40% par rapport aux seuils de renouvellement), et des récoltes sont régulièrement dévastées en raison du réchauffement climatique. Les pressions sur les ressources hydriques et agricoles déjà sont soutenues par le mode de vie urbain et les transformations des corps sociaux. Ceux-ci sont responsables de l’exacerbation de la demande en denrées agricoles secondaire comme les viandes, le lait, les œufs, le poisson, et de l’envolée de la demande énergétique.

L’humanité aurait déjà besoin de 1,75 planètes Terre pour se développer à l’heure actuelle, mais la pression sur les ressources renouvelables de la biosphère n’est de toute façon plus viable depuis 40 ans. L’indice d’empreinte écologique global montre que sur 149 pays examinés, 60 génèrent cette situation insoutenable, soit 40% des États seulement. De quoi distinguer les responsabilités entre les populations du monde.

Le système économique omet de tenir compte du coût croissant des catastrophes liées à l’empreinte écologique de l’Homme. Les catastrophes dites naturelles ont maintenant de fortes probabilités d’être occasionnées par l’Homme, en raison des émissions de GES et de la déforestation provoquant sécheresses, inondations, crues, tempêtes, cyclones, sans oublier que le modèle agricole dominant accroît la vulnérabilité aux événements extrêmes.

Les coûts pour réparer les dommages occasionnés aux infrastructures et aux terres agricoles deviennent titanesques :

  • Les dommages causés par les inondations en Europe pourraient ainsi être multipliées par 25 en un siècle

  • Aux États-Unis, on enregistre 20 milliards $ de pertes après la dégradation des cultures de la canicule de 2012, et 50 milliards la même année en raison de l’ouragan Sandy

  • La Chine doit débourser pratiquement 400 milliards de dollars annuellement pour lutter contre la désertification et la pollution de l’air

La tertiarisation de l’économie suppose des machines qui œuvrent dans les champs et les usines, et implique  l’exportation des pollutions dans les pays du tiers monde. Or, à mesure que les coûts de l’énergie iront croissant, il sera impossible de maintenir un taux de croissance de la productivité sans l’énergie qui fournit l’essentiel de la force de travail depuis deux siècles. La productivité du travail cessera donc d’augmenter, ce qui signifie que la croissance est face à des limites structurelles et qu’il est temps de changer de paradigme.


 Focus sur quelques chiffres du rapport *

–  La population mondiale croit de 1 milliard tout les 13 ans

–  500 ou 600 millions de chinois et d’indiens seront citadins au cours des 15 prochaines années

–  Le monde compte déjà une centaine de métropoles de plus de 4 millions d’habitants, 30 métropoles de plus de 10 millions d’habitants, et bientôt une douzaine de métropoles de plus de 20 millions d’habitants.

– Les 100 plus grosses mégapoles, qui représentent moins de 15% de la population globale, émettent 60 à 70% du CO2 d’origine anthropique.

– La superficie des terrains destinés aux agrocarburants concerne 50% terres arables vendues ou louées depuis 2000

– La demande énergétique des villes de Chine pourrait  doubler d’ici 15 ans.

* Chacune des sources est disponible dans cette partie du rapport Key FACTS

 

 


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